
Léa, rédactrice et photographe pour Metal Rock Magazine, était au concert de LIMP BIZKIT...
C’était presque un mini festival à Bercy hier soir. Un peu comme si de nombreuses influences musicales de Limp Bizkit se rassemblaient, en pièces de puzzle, pour finir par la tête d’affiche qui viendraient les assembler en un melting pot que l’on connaît bien.
Après Karen Diò qui ouvre la soirée, je pousse les portes de Bercy (pour la première fois !) durant le set de N8Noface qui n’est autre qu’un DJ un peu foufou sur scène… Je n’ai pas vraiment accroché à son style mais, malgré sa solitude sur scène, il occupait bien l’espace avec ses grands mouvements. J’ai mieux apprécié Ecca Vandal qui passait juste après. Je ne la connaissais pas du tout et pour faire une présentation rapide, elle est rapeuse, compositrice et autrice sri lankaise. Elle a une sacré notion du style et la robe blanche et ample, qu’elle porte ce soir, me fait penser dans ses mouvements à des personnages de film d’horreurs, dans leur chemises de nuit amples. Les deux musiciens qui l’accompagnent font moins le show qu’elle, même si le guitariste semble assez dévergondé et qu’il s’allonge sur le dos pour jouer son riff…! Elle rappe, son style a même des influences punk et beaucoup de hip-hop qui viennent se mêler à ce mélange des genres intéressants… Elle nous accroche bien et c’est elle que je retiens particulièrement parmi tous les groupes.
Après elle, arrive Bones, projet de trap metal d’Elmo Kennedy O’Connor. Sur scène, ils sont deux + une tête de mort gonflable pour seul décor. Leur style est plus « conventionnel », moins de découverte. Et s’enchaînent leurs morceaux durant 30 minutes, clôturant ainsi la première partie du concert.
La fosse est pleine à craquer et pendant que les derniers préparatifs se font, nous assistons en gradin à une drôle d’occupation. Dans la mer humaine en contrebas, un groupe s’est mis en tête de faire une tour de gobelets la plus haute possible. C’est un travail d’équipe, tout le monde y met du sien, les gobelets volent et arrivent par dizaine tandis qu’à la base de la tour, les gens empilent. Le chauffeur de salle refait une apparition. Avec sa veste à paillettes argentées éblouissantes et ses serpentins lumineux autour du cou, il s’énerve tout seul, en boucle, comme un vieux disque rayé, à insulter toute la fosse et lancer des grands doigts d’honneur à tout va. Forcément, en face, il y a du répondant ! Et le public est prêt pour accueillir Limp Bizkit.
Et puis, le rideau se lève finalement après une vingtaine de minutes d’entracte. Fred Durst est très fort. Malgré la nonchalance qu’il arbore entre chaque pics d’énergie, il réussit à conquérir le public, qui garde une énergie folle pendant tout le set. Ce soir, c’est le feu en fosse, le public est particulièrement répondant, énergique et enthousiasmé. Pogos s’enchaînent avec Circle pit et crowdsurfing – plus rares. Vers la fin du set, ils se mettent à jouer « Heart shaped box » de Nirvana, sans bien sur oublier les morceaux diffusés par DJ Lethal, dont « Careless Whisper », durant laquelle Fred invite le public à chanter.
Il n’a pas oublié de mentionner la folie du monde, car sur scène c’est chose récurrente. Je trouve important que les artistes appuient sur leur aptitude à rassembler les gens, comme dit le dicton « la musique adoucit les moeurs ». En ce qui concerne la set list, les choix sont efficaces… et sans être une grande Addict du groupe, je me rends compte que je connais de nombreux sons, à commencer par l’éternel « Break Stuff » (followed by a Master of Puppets snippet). Puis s’ensuivent comme tel…
Hot Dog
My Generation
Livin’ It Up
Take a Look Around (« this song is approved by Tom Cruise »)
Nookie
Full Nelson (fans on stage)
Rollin’ (Air Raid Vehicle) (preceeded by Violent & Funky snippet)
Proud Mary (Creedence Clearwater Revival song)
Boiler
Behind Blue Eyes (The Who cover)
My Way
Heart-Shaped Box (Nirvana cover) (partial)
Gold Cobra
Re-Arranged
Careless Whisper (George Michael song)
Faith (George Michael cover)
Et pour finir ce concert et parfaire la structure encadrante… »Break Stuff » one last time…!
Pendant le show, les deux fans qui sont montées sur scène ont bien envoyé ! Toutes les deux se livrent à une battle face à Fred qui commentent après leur passage « They were fucking rocking it ! », ou quelque chose dans le style…
Dans ce décor mi-GTA, mi-Miami Beach, Limp Bizkit nous plonge dans leur univers à eux, à mi-chemin entre le rap et le metal, deux styles underground, qui rappellent l’esprit teenager à casquette et nous laisse sur une note légère énergisante…
